« Dérives » démocratiques et brutalité policière

L’héritage du Printemps érable

Pour ceux qui, comme votre humble serviteur, ont subis le plus fort des coups du « bras armé de l’état », cette vengeance aveugle d’un système qui encourage les remises en question tant qu’il ne s’ agit pas des valeurs et mécanismes qui y sous-tendent, force est de constater qu’il nous reste surtout une chose des événements de notre printemps: la haine… Et des procédures judiciaires.

Plusieurs mois après la fin de la GGI, la simple vue d’un policier me donne encore la chair de poule. Autant que possible, je change de trottoir lorsque je les croise en patrouille dans nos rues. Par peur, certes. Mais pas par peur de leurs actions. Non, celle-là m’a quittée il y a bien longtemps. C’est surtout par peur de ma propre réaction, par peur que la rage bouillonnante qui me ronge depuis maintenant de longs mois ne leur explose au visage. Mais la seule violence légitime reste celle de l’état. Donc on bouchonne, on réprime et on attend avec impatience la prochaine occasion d’en découdre avec eux.

L’éveil des consciences

Le magnifique documentaire « Dérives » du collectif 99% Média est un rappel troublant de la barbarie avec laquelle le gouvernement Charest, s’ en remettant à sa belle police, a tenté coûte que coûte de museler le mouvement étudiant et ses alliés. Comment se sentir devant tant d’images chocs? À voir ces colosses taper, tabasser, humilier nos « talibans en culottes-courtes », on ne peut que ressentir révolte et dégoût.

C’est ce qui explique d’ailleurs pourquoi un travail d’archive d’une telle magnitude reste pratiquement ignoré par les médias traditionnels. Nous venons à peine de retrouver notre merveilleuse et sacro-sainte « paix sociale », il faut éviter de brasser la cage. À moins d’une semaine du coup d’envoi du Sommet sur l’éducation supérieure, exercice tout en futilités s’ il en est, il faut éviter de rappeller à nos jeunes « casseurs » ce pourquoi il se sont âprement battus. Alors que les votes en faveur d’une grève à l’occasion du Sommet se multiplient, on tient à s’ assurer en hauts lieux que les étudiants accepteront le sapin que le gouvernement péquiste s’ apprête à leur passer.

Police communautaire, mon œil

La confiance en nos gouvernements et notre démocratie est passablement ébranlée. Dix ans de gouvernement Libéral, comission Charbonneau, les incessants changements de positions de l’équipe Marois, c’est à se demander pourquoi le peuple n’est pas de retour dans la rue. Par chance, notre armée d’ « agents de la paix » veille au grain pour nous protéger de nous-mêmes.

Malheureusement, les problèmes d’image du SPVM suite à ce printemps de tous les débordements, ne se règleront pas par une simple pirouette esthétique, comme semblent le croire ces derniers. Le choix des nouveaux uniformes noirs en dit long sur la mentalité qui règne dans ce qui était, il n’y a pas si longtemps, une force de police qui se réclamait d’être « communautaire ».

Si le sujet vous intéresse, mon collègue de La plus grande gueule et blogueur au Huffington Post Québec Emmanuel Cree fait une analyse en profondeur de l’oeuvre aujourd’hui.

Au plaisir de vous revoir tous bientôt, dans les rues, nos pas et nos cris résonnants en coeur alors que nous battons le pavé!

Laissez aller votre grande gueule...

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