Des médias, des bélugas, du PKP et des Mi’kmaqs

C’est l’automne…

L’été est mort, avec pour seule cérémonie la grisaille. J’ai le moral qui déguerpit avec la volaille migratoire, celle qui n’aime chanter qu’au soleil. Un p’tit blues saisonnier que je me diagnostique bon an mal an.

Dernièrement, sortir devient une corvée, surtout avec la célébration de la vacuité de notre système politique qui approche. Celle où l’on espère que sera couronné l’escroc le moins pire du lot. Celle où l’on sacrifie notre souveraineté dans l’urne, c’t’autel de carton qui donne de la légitimité et un ruban démocratique aux pitreries mafieuses des Coderre de ce monde.

Je l’avoue, les lendemains d’automédication carabinée m’aident pas. Les bouteilles de Gros-rouge-qui-tache et les cacanes de bières cheap, ça se besogne joyeux durant l’euphorie estivale, mais ça macère noire en saison électorale.

Incidemment, trop comateux pour une gymnastique de réflexion, j’ai la logique qui rote, la critique qui pète et la page blanche qui profite. Ça me prend des efforts titanesques pour chier le moindre sujet-verbe-complément. J’ai l’imagination atrophiée, engourdie, désarticulée. Des idées de feuilles mortes.

Pis anyway, écrire sur quoi? D’ces temps-ci, c’est pas une œuvre ou de belles logorrhées lyriques entre convertis radicaux que je veux écrire, c’t’une crisse de révolution! Avec mes mous de concitoyens! Mais bon, la belle affaire, espère toujours! Un fantasme de salarié.

Alors, entretemps, je me contente donc de consommer de l’actualité, au risque de m’alourdir la déprime. Ouvrir la télé ou lire les feuilles de chou grand public, ça m’engraisse un pessimisme boulimique. Et depuis un moment déjà (qui s’étire dangereusement), les nouvelles merdiques sont légion.

Voici donc, deux p’tites qui m’ont marqué.

…et il fait donc, un temps d’cul…

Ce n’est certes ni une catastrophe, ni même encore d’actualité, mais sans blague, le passage de la brillante et honnête Josée Legault sous la bannière Québecor, ça fait mal au cœur. C’t’un dur de coup.

Et on aura beau tenter de m’amadouer qu’il s’agit d’une occasion pour qu’elle bouscule, dérange, le conditionnement de mort-vivant administré à ce lectorat : j’m’en sacre! Je ne vois que la concentration des médias en pleine action.

Oh! bien entendu que sa voix jure parmi les blogues-fleuves de Bock-Côté ou les inepties de Durocher, que ses analyses ne perdent pas pour autant de leur qualité. Mais justement, ces journalistes discordants, qui dévient du discours dominant, l’empire s’en affranchit en les enrôlant. Et prétendre que son indépendance n’est pas souillée d’un poil au sein d’un ogre médiatique qui bouffe du progressisme, ou bedon il y a inconséquence ou ça frôle le cynisme. C’t’à suivre.

…il pleut des cordes pis y a des rumeurs d’orage…

Parlant de sale bête, il n’est étranger à personne que des liens libidineux existent entre PKP et le PQ. Déjà son siège à la tête du conseil d’administration de notre plus importante société d’État, Hydro-Québec, a de quoi faire sourciller.

Mais ce sont plutôt ces ouïes-dire et ces si-peut-être-hypothèses-suppositions qu’il recevrait un portefeuille ministériel, advenant un mandat majoritaire pour la Pauline et son équipe, qui ont de quoi foutre les chocottes.

Délirium. Supposons un instant que ce scénario cauchemardesque se concrétise. Imaginons maintenant une fonction publique québécoise dont les conventions arrivent à terme en 2015. Sans même que PKP ne soit ministre du Travail ou des Finances, avec ce briseur de grève aux tendances grève patronale, il y a des singes savants de grandes centrales syndicales qui doivent avoir le sommeil léger.

Heureusement…il dément tout intérêt pour le monde politique.

…y fait frette pis que l’verrat avec des averses de grêlons…

Dans un registre tout autre, samedi dernier, on en apprenait une dégueulasse et bien dégorgée. Le sommet de la chaine alimentaire (yessir madame, c’t’encore nous autres) a finalement salopé l’écosystème du Saint-Laurent! Un résultat de cette pollution effrénée et de changements climatiques : la population de bélugas, ces petites baleines blanches qui batifolent dans les brochures touristiques, gagneront le statut d’« en voie de disparition » d’ici quelques mois.

Critiqué pour ses politiques environnementales désastreuses, criminelles ajouterais-je, et les coupures dans les fonds de recherche scientifique, le gouvernement Harper a tenté de minimiser ou relativiser la situation. Comme d’hab.

Mais Bibi, moins journaliste que Nostradamus patenté, vous le prédit : même en troquant notre capitalisme sauvage pour un écosocialisme en moins de temps qu’il ne faut pour dire « espèce éteinte », faut pas se leurrer. Au revoir les p’tits cétacés du Saint-Laurent.

…mais au moins, dans l’Est, il y a de belles couleurs!

Après avoir lu sur l’attaque que subirent les manifestants pacifiques, contre les gaz de schiste et la fracturation hydraulique du sol, par les goons de la GRC à Rexton, au Nouveau-Brunswick, je rageais. Étonnement, là, j’suis content!

Non pas qu’un tribunal fournisse une injonction permettant à une compagnie ordurière comme SWN Resources Canada d’explorer en toute quiétude le sol en quête de précieux gaz de schiste. Et ce, malgré une population réfractaire à une telle entreprise.

Pas que des brutes, armées jusqu’aux dents, soient venues faire respecter un déchet de la cour. Pas qu’une centaine d’agents avec fusils d’assaut, matraques, canisses de poivre, viennent matraquer, gazer ou tirer avec des balles de caoutchouc sur une foule non violente et familiale.

Non plus que les grandes presses se contentent de passer en boucle les images des voitures de police calcinées. Qu’elles ne mentionnent uniquement la quarantaine d’arrestations pour voies de fait et autres délits, mais négligent de citer les actes d’intimidation et d’agression commis précédemment par la GRC.

Neunon! C’est plutôt de voir le front commun, la solidarité et le courage des Mi’kmaqs de la réserve d’Elsipogtog face à SWN Resources Canada, la GRC et la complicité des tribunaux.

À constater la mobilisation qui grossit chaque jour, entre autochtones et Acadiens, à lire les appuis de quasiment toutes les premières nations, je trouve rassurant de voir que certains peuples, eux, se lèvent encore.

 

Crédit photo Bosc d’Anjou

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